
DESCRIPTIF DES CHANSONS
Romanza
Ma chanson « Romanza » est l’hymne du coeur des peuples en exil. Je chante une complainte aux inflexions de voix tsigano-orientales :
« Ma Mère, Ô mon pays, plaine lointaine, je t’implore et te pleure.
La nuit, j’entends tes cris dans l’Univers, ma patrie, qui me désespèrent ».
« Je m’en vais, loin sur la longue route, défile ma vie.
Je revois amours et rêves évanouis, ombres de vies enfouies, et souvenirs…
Ma vie défile sans fin vers l’infini, où suis-je ?
Où vais-je dans la nuit ?
Moi qui ne suis que l’ombre de moi-même… »
La chanson s’adresse à tous les exilés en quête du sens de la vie et de leur patrie, victimes des guerres et des ostracismes actuels et passés. A la fin de la chanson, je leur lance ce cri d’espoir :
« Ma patrie qui me dit – Espère ! ».
Toi que je chéris
Ma chanson « Toi que je chéris » est un chant qui dénonce les violences, la contradiction et l’ambiguïté dans les relations humaines :
« Toi que je chéris, toi qui m’embellis, malgré ta folie, je t’aime ».
Cette chanson aux inflexions orientalisantes, qui ne vont pas sans rappeler les variations de Natacha Atlas et la poésie lyrique arabe, nous dit que l’espoir est aussi dans l’amour. Tout y est question d’amour et de jalousie, de folie et de passions :
« Je déracinerais toutes les forets si tu t’y cachais,
et les planterais au fond du désert pour t’y retrouver »…
Nous sommes transportés dans un univers, ou seule l’intensité de la passion guide la raison, les sens, les actes. L’alliance originale des rythmes du tango et du funk renforcent cette impression.
Moscou-Paris
Plus calme et mesurée,« Moscou-Paris » est une ballade jazzy, où l’esprit de la chanteuse vagabonde entre la France et la Russie, entre Paris et Moscou. On y entend en voix off celle de mon amoureux, je lui chante et lui murmure l’attente a distance. L’adjonction de quelques paroles en russe ajoutent une couleur nouvelle.
Avec la route
« Avec la route », où le parolier de l’album Bruno Edelman-Niver dit son propre poème, prolonge la thématique de l’exil et du voyage, portant celle-ci au niveau d’une quête philosophique et métaphysique… Il introduit la chanson « Au bout du monde ».
Au bout du monde
Dans « Au bout du monde », surles magnifiques arrangements orchestraux (quatuor à cordes) de Fred Parker, je raconte la perte de soi dans l’amour, le voyage, et par-dessus tout son plaisir de chanter. Ma chanson « Au Bout du Monde » est la voix d’une jeune fille enfermée dans un pays en dictature et qui prend tous les risques pour vivre une vie meilleure, libre et amoureuse :
« Adieu mon pays, ma famille, adieu mon île, ma charmille,
Je m’en vais chanter, chanter dans les villes »
« Je chante l’amour et la vie »
« Je chanterai au bout du monde, ces mots d’amour jusqu’a la mort ».
Ton baiser
« Ton baiser » de notes de musique, court poème dit par son auteur, nous plonge dans un univers bucolique, fleuri et campagnard, et introduit « Je t’aimeuh ».
Je t’aimeuh
« Je t’aimeuh !», chanson d’amour aux paroles volontairement naïves, dans la tradition de la guinguette et de l’accordéon-musette, avec une certaine ironie dans le refrain (Je t’aimeuh ! avec le meuh ! bovin), qui la modernise…
Ombre de minuit
« Ombre de minuit », le titre suivant, est une ballade-jazz à la Dexter Gordon et Miles Davis, un dialogue chanté entre la muse et le poète, où la trompette en sourdine évoque une promenade dans Paris, sur les quais de la Seine « Autour de minuit ».
Je ne suis qu’un poète
Dans « Femme, que me veux-tu ? », qui introduit Noir Tango, un conflit s’engage entre ces derniers, où le poète exprime son désarroi, face à l’impossibilité de s’amarrer à une réalité tangible, tant il est emporté par une marée de sentiments contraires…
Noir Tango
Où dans un « Noir Tango », chanson provocatrice et féministe, la femme libre qu’est la muse, l’invite à être son homme coûte que coûte, même contre son gré, le temps d’une danse, d’une étreinte, d’une nuit…
Aussi étrange que cela puisse paraitre, le refrain de ce tango enivrant, m’a été inspirée par une mélodie du compositeur russe Serguei Rachmaninov. Je la chantais beaucoup lorsque j’étudiais le chant lyrique. C’est une chanson engagée pour l’émancipation des femmes. C’est une chanson dédiée aux femmes qui souffrent d’être enfermée dans des carcans religieux et sociaux.
Le poète et sa lyre
Dans un tout autre registre « Le poète et sa lyre », mêle des rythmes rock’n roll et country à la poésie lyrique, créant un contraste aux effets joyeux et provocateurs, avec ce refrain absurde : « Ô laisse-moi, laisse-moi te dire ! », répété à l’infini.
Divina
Ma voix lyrique s’exprime dans « Divina », où diva, je me laisse aller à des vocalises inspirées des musiques de films italiens des années 70, sur le fond desquelles le poète dit son amour pour la jeune-femme, à travers laquelle Paris et sa jeunesse se réincarnent…
Dis, comment se fait-il ?
« Dis, comment se fait-il », la dernière chanson de l’album, marque la fin de la trajectoire, et répète en boucle cette constatation à postériori du temps qui passe inexorablement… Sa mélodie, inspirée d’airs balkaniques, rappelle aussi par sa structure répétitive des chansons à textes des années 60. Le temps y est pris a partie, à travers l’automne et les feuilles mortes, qui font inévitablement penser à l’inexorable fuite en avant, vers la mort et l’oubli…
L’album s’achève cependant sur une note d’espoir, par cette question « Dis, comment se fait- il ? », qui exprime l’étonnement, et non la résignation, et nous laisse en suspend sur un arpège de harpe, qui nous plonge dans la rêverie, et nous fait revenir au point de départ de « Romanza » : le voyage et l’exil… Voyage intérieur, voyage spirituel de tous les exilés de la terre, à la recherche de l’amour, et de leur patrie mythique ou réelle !